Mon humeur musicale du moment :
"When the lights go down"
Prince (1999)
  

samedi 30 juin 2012

Par delà les confins des sphères étoilées



François Staal aime les vers de Charles Baudelaire et lorsqu’il les mêle à son univers musical et poétique, les mots s’envolent très haut dans les airs.

Dans son dernier album ("Canyon", 2011), il s'est inspiré du très beau poème de Baudelaire, tiré du recueil "Les Fleurs du Mal", "Elévation".

J'aime beaucoup.



Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées

Heureux qui peut s’élancer
Heureux qui peut s’élancer
Heureux qui peut s’élancer

Mon esprit, tu sillonnes gaiement
L’immensité profonde
Avec une indicible volupté
Envole-toi bien loin, émoi des espaces limpides,
Avec une indicible volupté,
Avec une indicible volupté

Derrière les ennuis, les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Par delà le soleil, par delà les éthers

Heureux qui peut s’élancer
Vers les champs lumineux et sereins,
Celui dont les pensées, comme des alouettes
Prennent un libre essor qui plane sur la vie,
Sur le langage des fleurs et des choses muettes

Heureux qui peut s’élancer
Heureux qui peut s’élancer
Heureux qui peut s’élancer

Mon esprit, tu sillonnes gaiement
L’immensité profonde
Avec une indicible volupté
Envole-toi bien loin, émoi des espaces limpides,
Avec une indicible volupté
Avec une indicible volupté

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers

Avec une indicible volupté
Avec une indicible volupté
Avec une indicible volupté

Que l'été soit léger et serein !



mercredi 20 juin 2012

Le site officiel de Bashung a été englouti



Et voilà, la menace planait depuis plus d’un an chez Universal music, mais cette fois-ci ils l’ont fait, le site officiel d’Alain Bashung a disparu il y a quelques jours. Le forum de discussion, de tant d’années partagées autour de l’œuvre de Bashung, a sombré avec lui. Englouti, destruction totale et douloureuse.

Le nouveau site officiel de Bashung se résume maintenant à une vidéo pour promouvoir l’album de "l’Homme à tête de chou" de Gainsbourg que Bashung avait repris quelques temps avant sa mort et à une page Facebook ridicule et impersonnelle, sur laquelle on peut cliquer pour y lire… rien… un vide total…
Ha si, une pub pour l’album hommage "Tels Alain Bashung", album raté malgré la participation de bon nombre d’excellents artistes et qui n’a pas dû se vendre beaucoup malgré le matraquage publicitaire fait autour par Universal music…
Plus aucune trace de l’histoire, de la discographie et filmographie de Bashung, de toute son œuvre, comme si la carrière de Bashung se résumait aux deux albums proposés par Universal music. C’est consternant.
En plus, sur cette page Facebook, on nous propose de "s’inscrire si on veut communiquer avec Bashung" ??? 
Mais, ils sont cons ou quoi, sur quelle planète ils vivent chez Universal ? Bashung est mort, mort depuis le 14 mars 2009, ils peuvent m’expliquer comment je peux communiquer avec lui ? Le titre exact de la page devrait plutôt être "Universal veut vendre du Bashung", voulez-vous communiquer avec Universal ? Heu, non merci...

Le forum Bashung était une mine d’or, un trésor rempli de "pommes d’or, pêches de diamants", des années d’échanges et de discussions. Quelques belles âmes l’ont peuplé, l’ont fait vivre, beaucoup de témoignages sur les concerts vécus, sur sa musique, des renseignements très précieux sur l’œuvre et la carrière de Bashung, des visites régulières de Jean Fauque, son ami et parolier. 
Beaucoup d’échanges sur nos autres coups de cœur aussi, musicaux, littéraires ou cinématographiques. J’ai appris beaucoup de tous ces échanges et ai fait quelques belles découvertes grâce aux autres participants. 
Bien sûr, de temps en temps, quelques cons apparaissaient, au nom charmant de "trolls", mais ça, aucun forum n’en est épargné malheureusement.

Alors, je sais bien que d’autres forums consacrés à des artistes ont disparu aussi,  mais celui de Bashung était pour moi très particulier. Et puis, je ne comprends pas cette nouvelle mode de faire de Facebook le dernier salon où l’on cause. Les échanges que j’ai pu y lire ici et là sur certaines pages d'artistes sont en général assez pauvres et la dictature du "cliquer sur j’aime" me défrise…

Bref, ce soir, je suis en colère, non pas parce que je ne peux plus discuter sur le forum Bashung, il s’était dépeuplé depuis longtemps et était devenu assez silencieux, peu importe, mais j’aimais y revenir de temps en temps et replonger dans certaines discussions passionnantes ou pour y glaner quelques infos sur Bashung qui m’avaient échappées. C’était pour moi comme un lien invisible avec lui, un lien partagé avec d'autres sur un trapèze imaginaire.

"Allez au diable
Je m'appelle Samuel Hall
Je vous déteste tous"


Rectificatif du 26 juin :

Le forum disparu a été retrouvé ! Il est donc là maintenant : 
Il a été déplacé, modifié mais n’a pas sombré. Une nouvelle interface, une autre adresse URL et tout l’historique a été sauvegardé. Ouf, me voilà soulagée ;-)

Bon, je ne retire pas ce que j’ai écrit au-dessus, parce que j'assume mon collyre, ma colère, tout comme mes coups de cœur d'ailleurs. Le forum est de retour, c'est génial; maintenant, reste plus qu’à retrouver un vrai site officiel digne de ce nom pour Bashung.

Et comme dirait une petite libellule que j’aime beaucoup, "le peuple silencieux aux yeux clignotants est toujours là". Oui, heureusement...
Merci à l'autre petite libellule zébrée d'avoir relayé mon coup de gueule sur FB ;-) et à So What d’avoir transmis l’info sur mes petites notes !



dimanche 17 juin 2012

Zoufris Maracas, groupe joyeux et engagé


Un coup de cœur pour le premier album du groupe Zoufris Maracas, "Prison dorée". 
Tout commence avec deux amis d’enfance sétois, Vin’s et Micho qui, après avoir bourlingué plusieurs années autour du monde, se retrouvent à Paris en 2007.
Première scène et premier public : le métro parisien.En 2010, ils sont repérés et sont invités à se produire dans plusieurs festivals.
Rencontre avec François, Brice et Mike qui intégreront le groupe.


Et c'est en mars dernier que sort leur premier album. Un album libre et joyeux, teinté de sons des îles ensoleillées, de rythmes africains, brésiliens, rumba, calypso et swing manouche.
Mais ne vous y trompez pas, sous l’apparente légèreté, les textes sont mordants et engagés. Sur fond de révolte sociale mais avec une bonne dose d’humour, d’ironie et d’autodérision, les Zoufris Maracas nous brossent le portrait d’une société dans laquelle ils ne se sentent pas toujours en adéquation.
Une de mes préférées de l’album :


Ils sillonneront la France cet été et cet automne. Pas de date prévue en Suisse pour le moment, mais leur titre phare "Et ta mère" passe très souvent à la radio, sur Couleur 3, donc je me dis que peut-être un programmateur aura la bonne idée de les inviter par ici prochainement… (cliquer sur le titre pour l'écouter)




lundi 11 juin 2012

Mon Caribana festival 2012


A choisir entre l’Eurofoot et le tennis à Roland-Garros, j’opte sans hésitation aucune pour la musique, live of course, le spectacle vivant comme on dit in french.
Et ce week end, je ne pouvais pas louper mon rendez-vous annuel avec le Caribana festival.

Photo : Glenn Michel - Atelier Pointif

Le Caribana festival est surnommé aussi le petit frère du Paléo, d’une part parce que la superficie de ce  festival ressemble aux premières années du Paléo et aussi parce que le site n’est pas très loin de l’ancien terrain du Paléo festival, au bord du lac Léman.

Bon, petit d’accord, mais il y a quand même 3 scènes de grandeur différente où se croisent et se mélangent une multitude de couleurs musicales, groupes, artistes et musiciens sans frontière, connus, moins connus ou pas connus du tout. J’aime l’ambiance de ce petit festival à dimension humaine, très familial et chaleureux.

Photo : Davide Gostoli
Je ne m’étendrai pas sur la soirée de vendredi, très déçue par la prestation de Lou Reed, semblant fatigué et avec une voix... un peu fatiguée elle aussi. Bon, l’icône du Velvet underground a 70 ans aujourd’hui, ceci explique peut-être cela… Bref, il était heureusement accompagné par de très bons musiciens et choristes. Mais la magie n’a pas opéré sur moi, même pendant le rappel pour l’incontournable "Walk on the wild side", ça ne l’a pas fait, dommage...
Sinon, un grand coup de chapeau à Stephen Marley, l’un des fils de Bob, qui a ensoleillé le Caribana festival vendredi et au groupe suisse Pegasus pour leur jeunesse et leur énergie.


La soirée de samedi a été merveilleuse.
Photo: Davide Gostoli
Elle a commencé avec le concert de Fabien Marsaud, plus connu sous le nom de Grand Corps malade. Un corps malade peut-être mais avec un cœur immense, un humour très communicatif, une vraie générosité et une grande complicité autant avec ses musiciens qu'avec son public. C’est un réel bonheur à chaque fois de le voir, d’écouter ses mots, ses histoires, sa poésie. Des moments très émouvants aussi. J’ai chaque fois les yeux qui brillent en l’écoutant nous raconter l’arrivée de son enfant ("Définitivement"), entre autres. On se sent toujours un peu meilleur à la fin d’un concert de Grand Corps malade. Fabien est une belle personne et ce qu'il dégage fait du bien...
Il terminera son concert évidemment par "Inch’Allah" et comme Reda Taliani n’est pas là, c’est son percussionniste, Feed back (drôle et talentueux) qui chantera avec lui et puis nous, on a fait les choeurs !

Photo: Davide Gostoli
Une foule très dense attend l’arrivée de Charlie Winston, en grande majorité jeune, voire même très jeune.
Charlie Winston est lui aussi une bouffée de bonne humeur, heureux d’être sur scène et partageant beaucoup avec son public. Il a un sourire à faire craquer les plus ronchons, une énergie débordante et musicalement, c’est plutôt bien mené. 
J’ai adoré le moment où il a fait monter sur scène tous les enfants agglutinés devant les barrières pour chanter et danser avec lui et c’était très drôle de voir ces petits bouts de chou se trémousser tout en cherchant leurs parents du regard… Adorable moment.


Et pour moi, l’apothéose fut le concert de Keziah Jones parce que c’est un de mes chouchous et qu'il fait partie de ceux pour lesquels il m’est très difficile de rater un rendez-vous quand il passe vers chez moi. Et ça, depuis le début de sa carrière avec l’excellent album, Blufunk is a fact sorti en 1992.
Photo : Markus Seidel
Keziah Jones est un magnifique félin sur scène, son déhanché en fait craquer plus d'une et ses mains en mouvement sur sa guitare sont un spectacle à elles toutes seules. L'inventeur du blufunk est un très bon musicien et son jeu de guitare est incroyable, totalement hallucinant et très personnel. 
A ses débuts, on le surnommait le Jimi Hendrix nigérian; samedi soir, il lui a rendu un bel hommage en reprenant "All along the Watchtower".
Le concert commencera d’entrée très fort par "Millions Miles from Home", parfait. Et il continuera avec beaucoup de mes préférées, en passant par "Beautiful Emilie" pour terminer en rappel avec le merveilleux "Rhythm is love". Ce moment a été filmé par le Caribana festival, merci à eux.
Et cerise sur le gâteau, Keziah Jones était très souriant et même très bavard samedi soir...


La soirée était vraiment placée sous le signe de la bonne humeur et je suis repartie tard dans la nuit, sourire aux lèvres avec comme une étrange impression de légèreté malgré le froid et les courbatures dans le dos ! 
Inch'Allah Caribana et merci.

D'autres vidéos et photos des concerts sur le site du Caribana festival (cliquer ici).

mercredi 6 juin 2012

Vénus, un grain de toute beauté


Bangkok (Thaïlande).
 AFP PHOTO / Pornchai Kittiwongsakul

Un grain de beauté est venu chatouiller le soleil ce matin, l’a réveillé, lui est passé devant et est reparti vers d’autres aventures.
Ce grain de toute beauté pensait passer incognito mais le monde entier (ou presque) a pu l’apercevoir et l’a reconnu.
Heureusement, certains ont pu immortaliser cet instant féérique parce que chez moi, impossible, les nuages avaient décidé de protéger des regards indiscrets ce rendez-vous rarissime.
Vénus, déesse de l’amour, "première à éclairer la nuit" comme nous le chante Bashung, avait rendez-vous avec la lumière du soleil ce matin. La prochaine fois, ce sera en 2117, je ne sais pas si on sera encore là…


Inde, au sommet d'une coupole du Taj Mahal : Vénus, le soleil et l’oiseau
Image : Kevin Frayer/AP/SIPA


Israël, Tel Aviv, depuis la côte méditerranéenne
Image : AFP/Jack Guez


Italie, Rome. Image : AFP


Pour agrandir les images, cliquer dessus


Image Credit : NASA/SDO & the AIA, EVE, and HMI teams

D’autres merveilleuses images des étoiles ici :



"Mais je veille
Sur un grain de toute beauté
Un grain de toute beauté"
Alain Bashung 
"Au pavillon des lauriers"