Mon humeur musicale du moment :
"When the lights go down"
Prince (1999)
  

samedi 26 février 2011

Michel Jonasz et la nostalgie


Michel Jonasz sort un nouvel album, "Les hommes sont toujours des enfants" dans quelques jours, je l’attends impatiemment… J’ai écouté quelques extraits et en reparlerai sûrement ici. 

Dans les interviews entendues ces jours, j'ai été très étonnée par la réponse qu'il donne à la question :
-  "Etes-vous nostalgique" ?
-  "Du tout" répond-il.


Oups, depuis quelques jours, je ne cesse d’y penser et d’en parler autour de moi parce que si quelqu’un représente totalement ma perception de la nostalgie (enfin, telle que je la comprends et la ressens) à travers ses textes, ses musiques et sa poésie, c’est bien Michel Jonasz.
Mais finalement c'est quoi la nostalgie ?

On me dit que la nostalgie c'est le regret d'un temps qu’on sait qu’il ne reviendra pas… Ou alors, on me cite le Larousse qui dit qu’être nostalgique, c’est le regret du passé, du pays natal.
Pour Michel Jonasz aussi, la nostalgie est synonyme de regrets. Il s’en sert comme source d’inspiration en puisant dans son passé pour écrire ses chansons, sinon il vit dans le présent et se projette dans le futur.
Moi aussi...

Donc, vu comme ça, je me dis que je ne suis pas nostalgique, le "c’était mieux avant", je n’y adhère pas non plus, je vis très bien avec mon temps, avec mon âge et le moment présent est très précieux.
Mais, je crois que c’est un peu plus complexe dans ma tête... 
La nostalgie est pour moi juste un état d’âme dans lequel j’aime me plonger quand au plus profond de moi surgit un souvenir enfoui ou un moment précis de ma vie. Une musique, une chanson, une image, une odeur ou un paysage peuvent immédiatement me projeter dans cet état de nostalgie.
Alors, même si ça fait briller mes yeux, ce n'est pas de la tristesse (je ne confonds pas avec la mélancolie) et encore moins des regrets que je ressens. 
Au contraire, je crois que j'ai simplement une infinie reconnaissance et parfois même un sentiment de bonheur lorsque je repense à ces moments, qu’ils soient liés à mon enfance, tout au long de ma vie comme pour ceux d'avant-hier d’ailleurs... parce que tous ces souvenirs, qu’ils soient douloureux, émouvants ou joyeux, ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

Voilà, ma définition de la nostalgie n’est pas tout à fait la même que dans le Larousse, mais c’est comme ça que je ressens ce mot, qui n’est pas péjoratif pour moi. J’aime cet état de nostalgie et je pense même qu’il m’aide à continuer le chemin.
Quand j’écoute Michel Jonasz nous chanter (entre autres) :

"J'vous parle de ça j'avais neuf ans / J'allais à l'école chez les grands / Enfin grand j'dis pas ça pour moi / Parce que moi faudrait des échasses / Un truc que j'ai jamais su faire / C'est lâcher la main à ma mère / Pour tenir celle du temps qui passe"    
(Un chausson aux pommes)

"La famille ça s'éparpille / Les jeunes s'en vont là où ça brille / Les vieux s'éteignent comme des brindilles / Pour un rien une peccadille / Ce sont les années papier d'verre / Qui usent l'endroit et l'envers"
(La famille)

"On allait au bord de la mer / Avec mon père, ma sœur, ma mère / On regardait les autres gens / Comme ils dépensaient leur argent / Nous, il fallait faire attention / Quand on avait payé /  Le prix d'une location  / Il ne nous restait pas grand-chose"    
(Les vacances au bord de la mer)

Et bien ça me parle directement, en plein cœur et me renvoie à mes propres souvenirs qui rejoignent un peu les siens par moments.
Alors, nostalgique ou pas nostalgique, finalement peu importe, ça fait briller mes yeux juste parce que je trouve cet instant intensément beau... Merci Michel Jonasz.




dimanche 20 février 2011

Patti Smith au festival Antigel




Un nouveau venu dans la palette des festivals en Suisse, le festival Antigel, a ouvert ses portes le 6 février et les refermera ce dimanche 20 février. L’originalité de ce nouveau festival est qu’il se déroule à Genève et dans plusieurs communes genevoises, toujours dans des lieux insolites. Un programme alléchant ayant pour ambition de provoquer des rencontres entre musique, danse et performances.
A noter que la programmation musicale a été concoctée par Eric Linder (alias Polar), qu’on connaît bien par ici…

Et ce vendredi soir, au Victoria Hall (salle que j’adore), Patti Smith est donc le point d’orgue de ce festival des communes genevoises. Quel bonheur ! Je me souviens que la dernière fois que je l’ai vue en concert remonte à bien quelques années déjà, sous le chapiteau de Paléo.
Patti Smith en version acoustique, accompagnée par deux musiciens, Lenny Kaye (guitare, choeur), le complice des débuts et Tony Shanahan (guitare, piano, chœur) qui l’a rejointe en 1997. Un violoncelliste fera une apparition sur 2 morceaux et un danseur aux pieds nus tourbillonera sur les notes de "Dancing barefoot" (une de mes préférées).
Le concert était fabuleux. Elle est incroyable cette femme, 65 ans et pourtant elle n'a pas vraiment changé, ni son style, ni son look, ni sa voix si particulière. 
Elle est arrivée tranquillement sur scène, avec une tasse de thé à la main et a dédié le premier morceau à son amie Maria Schneider, récemment disparue. Ça commençait fort dans l'émotion. Elle a lu un poème (je pense d'Allen Ginsberg) mais je n'en suis pas sûre malheureusement, une fois de plus, j'ai regretté de ne pas assez bien comprendre l'anglais. 


Elle a beaucoup parlé aussi, entre autres de Robert Mapplethorpe, en lisant un extrait d’une lettre, tirée de son livre "Just kids" (que je me suis empressée d'acheter le lendemain). Tantôt très souriante et chaleureuse, tantôt plus grave et émouvante. Drôle aussi lorsque, par exemple, elle nous raconte, en buvant son thé, qu'elle était heureuse car elle avait trouvé à Genève un thé spécial qu'elle ne trouve pas partout et qu'elle adore, the "saffron tea" (safran et gingembre).
Bref, presque 2 heures de concert dans une salle bondée et enthousiaste. Elle a bien sûr interprété ses standards, de "Gloria", en passant par "Dancing Barefoot", la somptueuse "Birdland" et "Because the night", accompagnée par un public totalement conquis. 
Et avant de partir, elle a chanté "People have the power", bras levés, poings fermés. Toute la salle était debout, reprenant le refrain avec elle; moi aussi, en levant mes bras, poings fermés, avec force et conviction. Il faut dire que les paroles de cette chanson prennent un sens très particulier avec les événements récents en Tunisie et en Egypte. Et aujourd'hui, je pense aussi au peuple lybien qui se soulève, dans le sang, la peur et la douleur, mais avec courage et détermination.
Yes, we can have the power…

"Listen :
I believe everything we dream
can come to pass through our union
we can turn the world around
we can turn the earth's revolution
we have the power
People have the power"

Et puis après, on est allés manger dans un restaurant thaïlandais pas très loin de la salle de concert pour continuer à partager ce moment. 

En sortant du restaurant bien plus tard, on discutait encore sur le trottoir. Devant nous, sur la route, une voiture noire était arrêtée au feu rouge, 2 personnes à l'arrière... Patti Smith et son guitariste Lenny Kaye... On l'a tous regardée, elle aussi, on lui a fait un petit signe de la main en souriant, elle aussi... et la voiture a démarré. Ça peut paraître un peu con raconté comme ça, mais c'était juste magique. 
Merci beaucoup Patti Smith et longue vie au festival Antigel.


Jesus died for somebody's sins but not mine


mardi 8 février 2011

De battre le coeur d'Andrée Chedid s'est arrêté


"Nous ne donnons rien au poème qu'il ne nous rende au centuple.
Nous croyons le faire; c'est lui qui, secrètement nous fait."
Andrée Chedid


EN PISTE
Maestro, musica !
C'est moi le pitre des étoiles
Le magicien de ma p'tite vie
Mais qui nous força
D'entrer en piste qui ordonna le saut de la mort
En piste
Tout dans le son et la chanson
Je cabriole et je gambade
Aussi libre qu'un bouffon
Je cahote, je cavalcade
En piste
Je suis le saltimbanque de mes vertiges
J'offre du cirque à ma p'tite vie
A ma p'tite vie
Mais qui décréta notre entrée en piste
Qui ordonnera notre saut de la mort
Tantôt figurant
Tantôt régisseur
Tantôt pantin
Marionnettiste
Tantôt dompteur
Tantôt dompté
Tantôt clown blanc
Tantôt auguste
C'est moi le pitre des étoiles
Le magicien de ma p'tite vie
De ma p'tite vie


Anna, Matthieu et Joseph Chedid, hommage à Andrée Chedid
Printemps des Poètes, 16 mars 2010