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"When the lights go down"
Prince (1999)
  

mercredi 21 mars 2012

C'est peut-être - Allain Leprest


                        Album Voce a mano - 1992
                              (Leprest / Galliano)                                               

C’est peut-être Mozart le gosse qui tambourine
Des deux poings sur l’bazar des batteries de cuisine
Jamais on le saura, l’autocar du collège
Passe pas par Opéra, râpé pour le solfège

C’est peut-être Colette la gamine penchée
Qui recompte en cachette le fruit de ses péchés
Jamais on le saura, elle aura avant l’heure
Un torchon dans les bras pour se torcher le cœur

C’est peut-être Grand Jacques le petit au rire bête
Qui pousse dans la flaque sa boîte d’allumettes
Jamais on le saura, on le fera maçon
Râpé Bora-Bora, un mur sur l’horizon

C’est peut-être Van Gogh le p’tit qui grave des ailes
Sur la porte des gogues avec son opinel
Jamais on le saura, râpé les tubes de bleu
Il fera ses choux gras dans l’épicerie d’ses vieux

C’est peut-être Cerdan le môme devant l’école
Qui recolle ses dents à coup de Limpidol
Jamais on le saura, KO pour ses vingt piges
Dans le ring de ses draps en serrant son vertige

C’est peut-être Jésus le gosse de la tour neuf
Qu’a volé au Prisu un gros œuf et un bœuf
On le saura jamais pauvre flocon de neige
Pour un bon Dieu qui naît, cent millions font cortège

             
                                        Illustration : Rébecca Dautremer

samedi 17 mars 2012

Michael Kiwanuka et Terry Callier


Tell me a tale…
Il y a quelques temps, mon oreille a été attirée par cette très belle chanson interprétée par Michael Kiwanuka qui m’était jusqu’alors totalement inconnu. J’avais juste lu quelque part qu’il avait fait les premières parties des concerts d’Adele et qu’il travaillait sur son premier album. Il vient d’ailleurs tout juste de sortir ce premier album qui s’appelle Home again et je me réjouis de le découvrir.


Michael Kiwanuka a 24 ans et on le compare souvent à Marvin Gaye ou à Otis Redding. 
Pas mal et normal que j'aie été attirée… 

Et bien moi, cette mélodie sur "Tell me a tale" me fait aussi penser à l’immense Terry Callier et c’est l’occasion toute trouvée pour déposer sur mes petites notes quelques morceaux de sa musique qui m’accompagnent depuis bien longtemps.


Tout d’abord la préférée de mes préférées, "Love theme from Spartacus". 
Terry Callier, dans un superbe album que je conseille fortement (Time Peace, 1998) nous offre une version magnifique de la musique du film Spartacus de Stanley Kubrick. 
Il y a eu une multitude de reprises de ce thème mais pour moi, cette version est la plus belle de toutes.

"Can it be ? 
Do you hear ?
A new freedom song is ringing
No more dark, no more fear
There's a new day that it's bringing
Something simple is the key
Only love will set us free
It's so far, it's so near
Almost close, almost here"

Un autre titre d’un album plus ancien, "Until Tomorrow" (album I just can’t help myself, 1974).

Et puis, évidemment, "Time Peace", toujours de circonstance…


Michael Kiwanuka est en tournée en ce moment, belle nouvelle et j’espère que Terry Callier reviendra prochainement par ici, parce que je l’avais loupé la dernière fois qu’il avait passé au Festival de Cully, mais cette fois, pour l’un comme pour l’autre, je serai au rendez-vous, c’est sûr…    



jeudi 1 mars 2012

Lucio Dalla, il cantautore


Il y a des morts d’artistes qui m'ébranlent plus que d’autres, je le dis simplement, sans tomber dans le pathos ni dans les longs discours remplis de larmes et de cris d’effroi, non, rien de tout ça. 
Il y a des morts d’artistes qui me touchent plus que d’autres et Lucio Dalla en fait partie.


Lucio Dalla est l'un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes italiens. Il nous raconte son pays, qui est celui de mes racines, à travers des tranches de vie de ses compatriotes et peut-être un peu les siennes aussi, avec poésie et profondeur, tout en y glissant parfois un message politique qui n'est pas pour me déplaire. 
Sa carrière débute dans les années '60 et son répertoire est immense. Il n'est pas seulement l'auteur de "Caruso" qu'il a écrit pour Pavarotti et que d'autres interpréteront, d'Andrea Bocelli en passant par Florent Pagny entre autres; avec plus de 600 titres à son actif, il a bercé plusieurs générations jusqu'à hier soir dans une salle de concert de Montreux...

Lucio Dalla, c’est toute ma jeunesse, mes années d’insouciance, c’est pour moi, l’Italie de la fin des années '70 et début '80, ces années où tout nous semblait possible, ces années où on avait encore l’illusion qu’on pouvait changer le monde.

Lucio Dalla, c’est aussi mes premières vacances ailleurs que dans la famille et sans papa-maman. Mes premières émotions à prendre le train de nuit jusqu'à Naples, Rome, Taormina ou Cefalù et le bateau pour Lipari ou Capri. Les fous rires, mes copines, ma soeur, mes amis là-bas, les retrouvailles, les au-revoirs sur le quai de gare et toutes ses chansons qu’on connaissait par cœur et qu’on chantait ensemble, sur la plage ou dans les ruelles de Capri.

Le cœur de Lucio Dalla a lâché ce matin, dans un hôtel au bord du lac Léman à Montreux, en pleine tournée européenne, il devait passer à Genève ce dimanche…
Son ami, Francesco De Gregori, autre grand cantautore italien que Lucio Dalla avait retrouvé sur scène en 2010, 30 ans après leur première tournée ensemble, a juste dit ces quelques mots à la presse : "C’est un moment de très grande tristesse et je n’ai pas le courage de parler avec qui que ce soit."
"Un chagrin poignant, muet" a retranscrit la journaliste du Temps dans son article.

Oui, il y a des morts d’artistes qui me touchent plus que d’autres, tout simplement parce qu’ils ont fait et font partie de ma vie en m'emmenant avec eux dans leurs rêves et parce qu'ils m'aident, à travers leurs chansons, à pouvoir continuer à espérer.
Alors, chut et respect...

Trois chansons parmi mes préférées del caro amico Dalla :
           
           






         A Vivi et Palmira…