Mon humeur musicale du moment :
"When the lights go down"
Prince (1999)
  

mardi 27 septembre 2011

Le p’tit bal perdu


Le p’tit bal perdu de Bourvil mis en image par Philippe Découflé.
Tout d'abord, apparaît une accordéoniste faisant tourbillonner ses notes, assise sur une chaise.
Puis, une table au milieu d'un paysage bucolique. 
Et derrière cette table, un jeune couple est assis et nous raconte avec insouciance sa version de ce p’tit bal perdu dans une chorégraphie remplie d'humour, en utilisant le langage des signes et en jonglant avec les mots, quitte à en détourner quelque peu le sens...
C’est léger et décalé, poétique et surréaliste. 
Tout ce que j’aime.
Ce n’est pas un scoop, les images de Découflé ont été vues et revues maintes fois et cette chanson de Bourvil, tout le monde la connaît, je sais, mais je l’adore et ne m’en lasse pas.

Oui, c'était bien...
Petite pause tendresse au royaume des balles perdues...



lundi 19 septembre 2011

Les lendemains qui tuent



Les lendemains qui tuent
Alain Bashung - Jean Fauque
(Confessions publiques 1995)



Un peu de bruine
Qui me dégouline
Un peu de vanité

J'ai peur et je frime
Dans ce drôle de dream

Les paroles en l'air
Ça me sidère
Ça me scie

Les paroles en mer
Font des croisières
Ça me scie ça me scie ça me scie

Les hivers qui glissent
Sur des esquisses
C'est beau à tomber

Une mandarine
Pour un ice-cream
C'est parfait

Les paroles en l'air
Ça me sidère
Ça me scie

Les paroles en mer
Font des croisières
Ça me scie ça me scie ça me scie

Les paroles en l'air
Ça me sidère
Ça me scie

Les paroles en mer
Font des croisières
Ça me scie


dimanche 11 septembre 2011

11'09"01 - September 11


Ainsi va la vie, tantôt gaie et légère, tantôt sombre et tragique. 

Ça peut paraître un peu bizarre de faire un sujet sur le 11 septembre juste après avoir parlé du monde de Mafalda avec humour et légèreté, mais finalement ce n'est pas si étrange que ça.
Chacun d'entre nous a en mémoire ces images irréelles et se souvient précisément de ce qu'il faisait au moment où s'est déroulée cette tragédie qui a secoué la planète entière et a changé le visage d'un monde déjà bien perturbé.
Ce monde "malade" comme nous le décrivait Mafalda il y a plus de 40 ans. 
Et je crois que ce 11 septembre 2001, on a atteint l'indicible...

Alors, j'ai juste envie de parler d'un film collectif datant de 2002 : 11'09"01 - September 11.

11 courts métrages
11 minutes chacun
11 réalisateurs du monde entier 
11 regards croisés

Ils ne sont pas tous d'égale intensité ces courts métrages, mais chaque réalisateur exprime sa vision personnelle de cette journée particulière et je conseille de voir le film dans son entier pour se faire sa propre idée. 
Une mention particulière à celui réalisé par Sean Penn qui aborde le sujet de façon très émouvante et poétique.

Mais j’ai choisi d'en mettre un seul ici parce qu'il est pour moi le plus marquant, intelligent et juste, le plus terrifiant aussi, le plus insoutenable de tous.
Juste un écran noir et par moments une lumière aveuglante avec des images comme des éclairs dans le ciel, d'une puissance indescriptible. Aucun acteur, juste une bande son bouleversante et le silence... La réalité brutale et cruelle.
Il est signé par le réalisateur de 21 Grammes, Babel, Biutiful..., Alejandro González Iñárritu.
"J'ai conçu ce film comme une expérience commune, une prière collective avec les indiens Chamulas de mon pays pour les innocents qui sont morts ce jour-là. Cette offrande n'est pas destinée au peuple américain, mais à l'humanité elle-même, pour les évènements qui se sont passés et pour ceux qui ont suivi." 


 Does God's light guide us or blind us ?
Est-ce que la lumière de Dieu nous guide ou nous aveugle ? 



jeudi 8 septembre 2011

Le monde de Mafalda


Mafalda est une petite fille drôle, généreuse et très curieuse. Elle aime jouer, chanter et danser comme toutes les petites filles mais elle se pose beaucoup de questions sur le monde qui l’entoure et aimerait bien comprendre pourquoi il est si "malade".

Alors, elle écoute les informations à la radio ou à la télévision, lit les journaux, s'informe, s'interroge, parle politique et dit haut et fort tout ce qu’elle en pense...

 Je l’adore…






Mafalda est le personnage principal de la série de BD du même nom créée par Quino, auteur argentin, en1964 et parue jusqu’en 1973. 
On peut constater que plus de quarante ans après, elle se lit presque comme si elle avait été écrite hier, les interrogations sont toujours les mêmes et les rêves de Mafalda ne sont malheureusement pas encore tout à fait exaucés…

Et puis, elle me rappelle quelqu'un que je connais plutôt bien... 
surtout le matin au réveil !

dimanche 4 septembre 2011

Gianmaria Testa l'intimiste



Peu connu du grand public (lui aussi), Gianmaria Testa balade pourtant ses mots depuis de nombreuses années, seul avec sa guitare ou accompagné par ses musiciens, dans l’intimité de petites salles de concert.
Ce chef de gare et poète piémontais, artiste engagé, nous chante sa vision de la vie et de l’Italie de Berlusconi, les injustices sociales dans son pays comme ailleurs, les déracinés et le manque de solidarité entre frères humains. Et puis, il nous parle aussi et surtout d'amour, raconte la solitude, le temps qui passe et la beauté de sa terre, toujours avec profondeur et chaleur humaine.
J’ai eu le bonheur de le voir hier soir en concert, dans le cadre des festivités organisées à l’occasion du 225ème anniversaire de ma commune genevoise et ça a été un moment magique et hors du temps, d’autant plus agréable que la pluie qui s’était invitée quelques heures auparavant a cessé juste avant que ne commence le concert.
Ses textes, tout comme le cœur de cet homme, sont très beaux. En voici deux, avec leur traduction en français.



Polvere di gesso

Io ogni mattina ascolto l'alba

e la sera il tramonto

e tutto il rumore che fa

e poi per ogni giorno che passa

faccio un segno su un muro

di questa città

perché non è il tempo
che mi manca
 
e nemmeno l'età

Io ogni mattina quando parto

lascio aperta la mia porta

se qualcuno verrà

e poi metto polvere di gesso

sul pavimento di casa

per i passi che farà

perché quando c'è una porta aperta
di sicuro prima o dopo si sa

Io ogni sera quando torno

lascio delle tracce bianche

sulla polvere che sa

che qui non ci viene mai nessuno

e nemmeno per oggi

non ci sono novità

e poi richiudo la mia porta

per la notte e per il freddo che ci fa

Io ogni mattina ascolto l'alba

e la sera il tramonto

e tutto il rumore che fa
e poi per ogni giorno che passa

graffio un pezzo di muro

di questa città

perché non è il tempo 
che mi manca
 
e nemmeno l'età
Poussière de craie

Chaque matin j'écoute l'aube
et le soir le coucher du soleil
et tout le bruit que ça fait
et puis pour chaque jour qui passe
je fais une marque sur un mur
de cette ville
parce que ce n'est ni le temps
qui me manque 
ni l'âge

Chaque matin quand je pars
je laisse ma porte ouverte
au cas où quelqu'un viendrait
et puis je mets de la poussière de craie
sur le sol de la maison
pour les pas qu'il fera
parce que quand il y a une porte ouverte
c'est sûr, un jour ou l'autre ça se sait

Quand je reviens chaque soir
je laisse des traces blanches
sur la poussière qui sait
qu'ici il ne vient jamais personne
et même pas aujourd'hui
il n'y a pas de nouvelles
et puis je referme ma porte
pour la nuit et le froid qu'il y fait

Chaque matin j'écoute l'aube
et le soir le coucher du soleil
et tout le bruit que ça fait
et puis pour chaque jour qui passe
je griffe un morceau de mur
de cette ville
parce que ce n'est ni le temps 
qui me manque 
ni l'âge


Seminatori di grano

Sono arrivati che faceva giorno
uomini e donne all'altipiano
col passo lento, silenzioso, accorto
dei seminatori di grano

E hanno cercato quello che non c'erà
fra la discarica e la ferrovia
e hanno cercato quello che non c'erà
dietro i binocoli della polizia
e hanno piegato le mani 
e gli occhi al vento prima di andare via

Fino alla strada
e con la notte intorno
sono arrivati dall'altipiano
uomini e donne con lo sguardo assorte
dei seminatori dl grano

E hanno lasciato quello che non c'erà
alla discarica e alla ferrovia
e hanno lasciato quello che non c'erà
agli occhi liquidi della polizia
e hanno disteso le mani
contro il vento che lì portava via
Semeurs de blé

Ils sont arrivés, il faisait jour,
hommes et femmes des hauts plateaux
avec le pas lent, silencieux, prudent
des semeurs de blé

Et ils ont cherché ce qui n’existait pas
entre la décharge et la voie ferrée
et ils ont cherché ce qui n’existait pas
derrière les jumelles de la police
et ils ont plié les mains 
et les yeux sous le vent avant de s’en aller

Jusqu’à la route
et entourés par la nuit
ils sont arrivés des hauts plateaux
hommes et femmes avec le regard absorbé
des semeurs de blé

Et ils ont laissé ce qui n’existait pas
à la décharge et à la voie ferrée
et ils ont laissé ce qui n’existait pas
aux yeux transparents de la police
et ils ont tendu les mains
contre le vent qui les emportait

*  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *

Il parle très bien français, aime Brassens et Léo Ferré qu’il a repris d’ailleurs en 2008 avec d’autres artistes italiens, l’album s’appelle "F. à Léo".

J’ai découvert une interview intéressante de Gianmaria Testa datant de 2010 à l'occasion de la sortie de son album live "Solo dal vivo". 
On peut l'écouter en cliquant ici.
Il nous parle, entre autres, des artistes qu’il aime et des morceaux qu’il écoute au moment de l’interview : 
Lhasa (El desierto), Paco Ibanez (Cordoba, lejana y sola), Arthur H (Petite reine), Vinicio Capossela (Ultimo amore) et Alain Bashung (Osez Joséphine).

J'ai adoré qu'il cite Bashung (je me demande bien pourquoi...) et ses mots m'ont bien plu :
"Là aussi j’ai eu un choc quand j’ai appris qu’il n’était plus là… Très loin de moi et c’est peut-être pour ça que je l’aime beaucoup…". 

Un nouvel album est prévu, "Vitamia", qui sortira fin octobre 2011. Je me réjouis de le découvrir !

vendredi 2 septembre 2011

Lue - Allain Leprest


                                                                La femme qui lit de Jean-Jacques Henner
Lue
... 
"Mon héroïne, 
mon amante du cinquième art
Tu es lue

Je parcours dans mon lit tes ratures
Tu es lue
Entièrement
Complètement lue

Je te dévore des yeux
Je me paye ta tranche
Tu te livres à mes doigts de papivore goulu
Et j'annote nos marges avec mon encre blanche
Tu es lue

Et je pends au cou de tous tes signes
Pourtant je ne perçois de toi que des images
Si lue de la première à la dernière ligne
  Et je m'endors glissant en toi mon marque-page"
  ... 

Allain Leprest 
(album Chez Leprest, vol. 2)