Mon humeur musicale du moment :
"When the lights go down"
Prince (1999)
  

samedi 8 mars 2014

Bluebird - Charles Bukowski



there's a bluebird in my heart
that wants to get out
but I'm too tough for him,
I say, stay in there, I'm not going
to let anybody see you.

there's a bluebird in my heart
that wants to get out
but I pur whiskey on him and inhale
cigarette smoke
and the whores and the bartenders
and the grocery clerks
never know tha he's in there.

there's a bluebird in my heart
that wants to get out
but I'm too tough for him,
I say, stay down,
do you want to mess me up?
you want to screw up the works?
you want to blow
my book sales in Europe ?

there's a bluebird in my heart
that wants to get out
but I'm too clever, I only let him out
at night sometimes
when everybody's asleep.
I say, I know that you're there,
so don't be sad.

then I put him back,
but he's singing a little in there,
I haven't quite let him die
and we sleep together like
that with our secret pact
and it's nice enough
to make a man weep,
but I don't weep,
do you ?




il y a un oiseau bleu dans mon cœur
qui veut sortir
mais je suis trop coriace pour lui,
je lui dis, reste là, je ne veux pas
qu'on te voie.

il y a un oiseau bleu dans mon cœur
qui veut sortir
mais je verse du whisky dessus et tire
une bouffée de cigarette
et les putains et les barmen
et les employés d'épicerie
ne savent pas qu'il est là.

il y a un oiseau bleu dans mon cœur
qui veut sortir
mais je suis trop coriace pour lui,
je lui dis, tiens-toi tranquille,
tu veux me fourrer dans le pétrin ?
tu veux foutre en l'air mon boulot ?
tu veux faire chuter les ventes
de mes livres en Europe ?

il y a un oiseau bleu dans mon cœur
qui veut sortir
mais je suis trop malin, je ne le laisse sortir
que de temps en temps la nuit
quand tout le monde dort.
je lui dis, je sais que tu es là,
alors ne sois pas triste.

puis je le remets,
mais il chante un peu là-dedans,
je ne le laisse pas tout à fait mourir
et on dort ensemble comme ça
liés par notre pacte secret
et c'est assez beau
pour faire pleurer,
mais je ne pleure pas,
et vous ?



jeudi 30 janvier 2014

François Cavanna, l'immortel Rital



J’aimais beaucoup François Cavanna, pour beaucoup de raisons mais principalement pour son livre "Les Ritals".
En nous racontant son enfance de fils de rital, on se rend très vite compte que c’est un recueil d’amour pour son papa que Cavanna a écrit.

Son histoire m’a touchée en plein cœur, parce que celle de mon papa à moi lui ressemblait beaucoup et leur français improbable avec leur accent italien étaient quasi identiques. Les dialogues du père sont savoureux…

Douces pensées à François Cavanna


Extrait :
Papa ouvre la fenêtre et répare des mètres. Pourquoi la fenêtre ? Parce que c'est le seul coin que maman lui permet. Elle n'a que le dimanche pour faire son ménage, la semaine elle fait celui des autres, le matin, et leur lessive, l'après-midi. Le dimanche matin, ça voltige et ça houspille, chez nous.
Papa prend l'appui de ciment de la fenêtre comme établi, il étale dessus son petit fourbi. Le machin en fer où s'enfonce la tige de l'espagnolette lui tient lieu d'enclume, et d'enclume bien commode même, grâce au trou qu'il y a au milieu. Le trou lui sert à chasser les rivets des bouts de mètres cassés, le tour du trou lui sert à river les clous qui servent de rivets aux bouts de mètres neufs.
Avec un paquet de vieux mètres, papa en fait un neuf. Quand il est fait, il le regarde au soleil, content comme tout. Il y a juste le nombre de branches qu'il faut, cinq pour un mètre simple, dix pour un double-mètre, juste le nombre, pas une branche de plus ou de moins, merde, c'est pas un con, papa. Je suis très fier de lui.
Un jour, je demande à papa :
"Papa, pourquoi ils se suivent pas, les numéros ?"
Papa m'a regardé, il a craché un long jus de chique par la fenêtre, du coin de la bouche – pour ça aussi, je l'admire beaucoup – et il a dit :
- "Ma, qué nouméros ?"
- "Les numéros sur le mètre. Là il y a 60, et juste après il y a 25, et juste après 145"
- "Ma qu'est-ce qué t'as bisoin les nouméros ? Tou régardes combien qu'il y a les branches, et basta, va bene. Quatre branches, ça veut dire quatre-vingt. Ecco. Pour les pétites centimètres toutes pétites qui sont en plus, tout comptes avec le doigt, à peut près, quoi, voyons, faut pas perdre le temps à des conneries, qué le plâtre, lui tout sais, le plâtre, il attend pas, lui ?"






















samedi 4 janvier 2014

Mes mots pour Bashung


L’autre jour en me baladant sur internet, j’ai découvert par hasard un site magicien qui fait ressortir les mots les plus importants et les plus cités dans un texte donné.

Me vint alors l’idée de reprendre les deux petits textes que j’avais écrits après les deux derniers concerts d'Alain Bashung auxquels j’avais assisté, l’un à Paléo en juillet et l’autre à Paris en décembre 2008.

J’aime beaucoup les mots qui sont sortis du chapeau de ce Merlin l'enchanteur moderne ;-)


Que cette nouvelle année soit sereine et magique !



Le site en question : Wordle 





jeudi 11 juillet 2013

In the mood for love


Before in the old days when people had secrets they didn’t want to share
They’d climb a mountain and find a tree
Carve a hole in the tree and whisper the secret into the tree
And cover the hole with mud
That way, no one would ever discover the secret

In the mood for love
Wong Kar Wai


Avant, au bon vieux temps où les gens avaient des secrets 
qu'ils ne voulaient pas partager,
ils escaladaient une montagne et trouvaient un arbre,
taillaient un trou dans l'arbre, murmuraient le secret dans l'arbre
et couvraient le trou avec de la boue.
De cette façon, personne ne pourrait jamais découvrir le secret.

In the mood for love
Wong Kar Wai



mardi 25 juin 2013

Charles Bukowski et Tom Waits




The Laughing Heart
(Le Coeur quit rit)

Ta vie est ta vie
Ne te laisse pas abattre par une soumission moite
Sois à l’affût
Il y a des issues
Il y a de la lumière quelque part
Pas bien forte peut-être, mais elle chasse les ténèbres
Sois à l’affût
Les dieux t’offriront des possibilités
Reconnais-les
Saisis-les
Tu ne peux pas battre la mort
Mais tu peux dépasser la mort dans la vie, parfois
Et plus tu apprendras à le faire
Plus il y aura de lumière
Ta vie est ta vie
Sache-le tant qu’il est temps
Tu es merveilleux
Les dieux attendent cette lumière en toi







mardi 21 mai 2013

Amélie-les-crayons en backstage


Amélie-les-crayons filmée tout récemment dans les studios de France 3 Rhône-Alpes  pour "le Backstage", un nouveau concept pour faire découvrir les groupes musicaux de cette région.
Magnifique !



















mercredi 8 mai 2013

La féérie d'Amélie-les-crayons



Cette fois-ci j’en suis sûre, Amélie est bien une fée, même si je n’avais plus beaucoup de doutes, j’en ai eu la preuve vendredi dernier.

Delémont, petite ville du Jura suisse. Nous arrivons un peu en avance et tentons de trouver le Forum St-Georges pour retirer nos billets. Le voilà, une porte indique "entrée" alors, nous entrons… C’est l’entrée des artistes ;-). Oups, une grande table est dressée, Amélie, ses musiciens et l’association qui les a invités (Le Temps des cerises) mangent ensemble, ils rient et discutent, personne ne fait attention à nous, on s’éclipse tout doucement.
Un peu plus tard, après avoir trouvé la bonne porte d’entrée, nous verrons Amélie traverser le bar, sa petite fille de quelques mois dans les bras, belle image !

20h30, nous sommes dans la salle, une toute petite salle, pouvant contenir une centaine de personnes à tout casser. Tant mieux, c’est  à un concert intimiste qu’Amélie nous a conviés.
En première partie, Christine Laville, artiste jurasienne, amoureuse de la langue française et du Québec, il n’y a pas de hasard... Elle est au piano, accompagnée par Simon Bolay à la guitare. Dans son répertoire, elle reprend une chanson d’Anne Sylvestre et, à mon grand bonheur, "Tout ce qui est dégueulasse porte un joli nom" d’Allain Leprest. Beau moment passé avec elle.

Et enfin, Amélie arrive avec ses complices, "les garçons" comme elle les appelle. Trois musiciens de grand talent : Olivier Longre, Antoine Amigues et Nicolas Allemand, tous multi-instrumentistes, piano, guitares, batterie bien sûr mais aussi kora, harmonica, accordéon, lyre et même un instrument bleu dont je ne sais même pas le nom ;-).


Le voyage qu’Amélie nous propose est rempli de douceur, de poésie, d’espièglerie et de moments très émouvants. Il commence par la très belle "Jusqu’à la mer", tiré de son dernier album du même nom, je pars, tu restes ici… l’océan est si loin d’ici…
Elle vit en Bretagne aujourd’hui et on ressent très fort l’influence bretonne dans la musique et les thèmes abordés dans ce dernier album, dont elle interprétera beaucoup de titres, comme "Les filles des forges" Allez les filles, allez courage, on va y arriver  car ce canot de sauvetage s’appelle liberté, sans oublier certains plus anciens, incontournables et merveilleux.

Elle nous passera le bonjour de "La Maigrelette et du Gros costaud", dont elle a reçu le matin même une carte postale, partis eux aussi en voyage avec leurs 18 enfants !
Un moment d’hilarité générale lorsqu’elle interprète "Les pissotières", toute la salle rit et une personne derrière moi est prise d’un tel fou rire (qui durera pendant toute la chanson) que rien que de  l’entendre, on rit encore plus fort. 
Autre moment délicieux, "La garde-robe d’Elizabeth" avec Thomas aux percussions, une superbe démonstration de rythmique, Thomas tapant sur son corps avec ses mains et faisant des claquettes en tourbillonnant.
Et puis, des moments très émouvants, comme la magnifique "Ta p’tite flamme" qu’elle interprétera seule à la guitare et "Le linge de nos mères" avec Olivier à la guitare et Antoine à la kora. Sublime.


Au dernier rappel, Amélie reviendra seule, sans micro et improvisera une chorale avec le public en nous faisant chanter tous ensemble "Il était un petit navire"…
Et c’est ainsi que le voyage d’Amélie se termine.

Enfin, pas tout à fait parce que nous voilà réinstallés au bar espérant qu’elle viendra, comme à son habitude, discuter et dédicacer les CD qu’Olivier vient d’installer sur une table. 
Moi, j’ai amené avec moi son dernier CD, ne sachant pas si j’oserai aller vers elle, mais je l’ai pris au cas où ;-) Et puis il faut que je lui dise que je suis l’une des gardiennes des boîtes d’Amélie et que j'en prends très grand soin…


Oui, parce que faut que je raconte l’histoire de ces boîtes. Juste avant Noël, j’ai été fascinée par l’histoire de la fabrication de ces 25 boîtes dans l’atelier du Père Néomme (sa maison de disque, qui est un label indépendant) par des lutins. Ce conte est raconté par Amélie et on peut l’écouter en cliquant ici.
Chaque boîte est unique et contient un trésor appartenant à Amélie. En devenant le gardien d’une de ces boîtes, nous avons une mission très importante qui est de conserver, protéger, partager et surtout de transmettre le trésor d’Amélie aux générations futures. J’ai adoré l’idée et je suis devenue l’une des gardiennes de ces boîtes.

Amélie arrive, s’assied à la table et je vais la voir avec mon CD à la main. 
- Bonjour Amélie… 
Et là, la magie a opéré, on a commencé à discuter comme si on se connaissait depuis toujours. Elle m’a parlé de sa tournée, de la Bretagne, de sa petite fille, étonnée qu’on ait fait tant de chemin pour venir la voir. Elle m’a écrit un petit texte et a refermé la boîte. 
Pendant ce temps là, les gens derrière moi attendaient patiemment, mais l’instant était si beau que je prenais mon temps. 
Juste avant de partir, je me suis approchée d’elle et je lui ai dit :
- Amélie, je crois que tu es vraiment une fée. Elle a ri et a juste répondu :
- Ho ! Merci.
- Au revoir Amélie, à bientôt… Et je me suis éloignée.

J’ai lu le petit mot plus tard. Oui, Amélie est une fée, j’en suis sûre, et je ne me trompe jamais en ce qui concerne les fées !


Merci à Svet et à Dom de m'avoir emmenée dans le Jura et jusqu'à la mer !

La setlist :
Jusqu’à la mer
Marie Morgane
On n’est pas fatigués
La maigrelette et le gros costaud
Tout de nous
Chamelet
Voyager léger
Ta p’tite flamme
Les saintes (ce sont mes boussoles)
Les pissotières
Les vents de brume
Le linge de nos mères
La garde-robe d’Elizabeth
Une danse bretonne
Les filles des forges 
La solution
Si tu veux
Final avec une musique bretonne
Il était un petit navire (chorale avec le public)


Et puis, avis aux programmateurs de concerts en Suisse romande, le spectacle d'Amélie-les-crayons vaut le détour, n'hésitez pas à la programmer un peu plus !