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jeudi 30 janvier 2014

François Cavanna, l'immortel Rital



J’aimais beaucoup François Cavanna, pour beaucoup de raisons mais principalement pour son livre "Les Ritals".
En nous racontant son enfance de fils de rital, on se rend très vite compte que c’est un recueil d’amour pour son papa que Cavanna a écrit.

Son histoire m’a touchée en plein cœur, parce que celle de mon papa à moi lui ressemblait beaucoup et leur français improbable avec leur accent italien étaient quasi identiques. Les dialogues du père sont savoureux…

Douces pensées à François Cavanna


Extrait :
Papa ouvre la fenêtre et répare des mètres. Pourquoi la fenêtre ? Parce que c'est le seul coin que maman lui permet. Elle n'a que le dimanche pour faire son ménage, la semaine elle fait celui des autres, le matin, et leur lessive, l'après-midi. Le dimanche matin, ça voltige et ça houspille, chez nous.
Papa prend l'appui de ciment de la fenêtre comme établi, il étale dessus son petit fourbi. Le machin en fer où s'enfonce la tige de l'espagnolette lui tient lieu d'enclume, et d'enclume bien commode même, grâce au trou qu'il y a au milieu. Le trou lui sert à chasser les rivets des bouts de mètres cassés, le tour du trou lui sert à river les clous qui servent de rivets aux bouts de mètres neufs.
Avec un paquet de vieux mètres, papa en fait un neuf. Quand il est fait, il le regarde au soleil, content comme tout. Il y a juste le nombre de branches qu'il faut, cinq pour un mètre simple, dix pour un double-mètre, juste le nombre, pas une branche de plus ou de moins, merde, c'est pas un con, papa. Je suis très fier de lui.
Un jour, je demande à papa :
"Papa, pourquoi ils se suivent pas, les numéros ?"
Papa m'a regardé, il a craché un long jus de chique par la fenêtre, du coin de la bouche – pour ça aussi, je l'admire beaucoup – et il a dit :
- "Ma, qué nouméros ?"
- "Les numéros sur le mètre. Là il y a 60, et juste après il y a 25, et juste après 145"
- "Ma qu'est-ce qué t'as bisoin les nouméros ? Tou régardes combien qu'il y a les branches, et basta, va bene. Quatre branches, ça veut dire quatre-vingt. Ecco. Pour les pétites centimètres toutes pétites qui sont en plus, tout comptes avec le doigt, à peut près, quoi, voyons, faut pas perdre le temps à des conneries, qué le plâtre, lui tout sais, le plâtre, il attend pas, lui ?"






















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