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"When the lights go down"
Prince (1999)
  

jeudi 17 mars 2011

Bernard Lavilliers à l'Olympia



Après une première partie avec Ours comme invité (j'espérais Balbino Medellin), Bernard Lavilliers entre sur la scène de cette salle mythique qu’est l’Olympia. Tout le monde est déjà là ("ceux de Portorico, ceux de Cuba"), les musiciens sont en place, les jeux de lumière diffusent leurs couleurs chatoyantes, les tambours en forme de bidon d’essence ont remplacé les congas de Ray Barretto, tout est en place, le voyage musical peut commencer.
Je cours nous chante-t-il d’entrée et tout de suite après enchaîne avec Pigalle la blanche, ça commence fort… On peut voir le début du concert ICI.
Bernard Lavilliers alternera de belle façon des titres anciens et plus récents, faisant la part belle à deux albums de ses débuts, "Le Stéphanois" et "O Gringo" (l’un de mes préférés) et à son dernier album "Causes perdues et musiques tropicales". 
En passant du rock à la salsa et à la bossa, des mélodies douces aux rythmes capverdiens, jamaïcains ou africains, avec entre autres : Les aventures extraordinaires d’un billet de banque, La Grande MaréeO Gringo, La Salsa, Les Mains d’or, Betty,  L'Exilé, Traffic :

"Que veux-tu que je sois
Dans cette société-là ?
Un ange ou un cobra
Un tueur ou un rat ?
Où veux-tu que je vive
Dans la radioactive ?
Quand veux-tu que je meure
D'un bel accord mineur ?"

Le moment le plus intense restera pour moi l’interprétation d’Angola en duo avec l’auteur de ce magnifique morceau créé en 1972, Bonga, figure emblématique de la musique angolaise, artiste engagé, au parcours musical étroitement lié aux années de conflit qui ont déchiré son pays. Il est aujourd’hui exilé à Lisbonne.


A la fin de la chanson, je me retrouve debout (et un peu seule) pour les applaudir et les remercier pour cet immense instant de bonheur…
Bonga chantera aussi Sodade, chanson bien connue, surtout interprétée par Cesaria Evora, mais il la chantait déjà en 1974…
Petit regret partagé avec les personnes qui étaient avec moi, juste après le passage de Bonga, Lavilliers enchaîne directement avec Noir et Blanc, mais tout seul. Bonga aurait eu toute sa place dans cette somptueuse chanson.

"De n’importe quel pays de n’importe quelle couleur
La musique est un cri qui vient de l’intérieur"

Un autre petit regret, un concert de Lavilliers en position assise, non, non, non, ce n’est pas vraiment compatible à mon goût...
Le final est assez incroyable avec une version très spéciale de Stand the ghetto. Il terminera le concert en nous chantant doucement la magnifique Attention fragile :

"Je laisserai le lit comme elle l'a laissé
Défait et rompu, les draps emmêlés
Afin que l'empreinte de son corps
Reste gravée dans le décor
Je resterai là, immobile
Les bras croisés, presque tranquille"

Deux heures plus tard, il sortira de scène de la même façon qu’il y est entré, bras levé en signe d’au revoir.
Cette silhouette en ombre chinoise nous en a rappelé une autre et j’ai senti quelques frissons pas très loin de moi... 
Merci Bernard Lavilliers.

3 commentaires:

lolibellule a dit…

Merci à toi petite envoyée spéciale, pour ce beau récit parfaitement ressenti de cette soirée que j'ai eu la chance de partager avec toi/vous et qui fut pour moi un double baptême initiatique à travers ce 1er concert de Lavilliers et l'Olympia où je venais pour la première fois.
Enchantée aussi de la découverte de quelques pépites de ses premiers albums inconnues à mes oreilles néophytes. Une très belle soirée...

Pao a dit…

Pour Lavilliers, non, ce n'était pas mon premier concert, mais pour cette nouvelle salle de l'Olympia, copie conforme de l'ancienne, pour moi aussi c'était une première...
Je me souviens d'ailleurs que la dernière fois que j'ai été à l'Olympia, donc dans l'ancienne salle, c'était il y a très, très longtemps, pour le spectacle d'un humoriste dont je tairais le nom parce que je m'étais endormie... hum... faut le faire... ça me fait encore rire aujourd'hui.
L'autre soir, ce n'était évidemment pas le cas du tout, oui, ce fut une très belle soirée ce voyage avec Lavilliers...

Bon week end

Corinne a dit…

Oui, une magnifique soirée, dont les accents résonnent encore en moi quinze jours plus tard. Du talent, du souffle, des idées, et une formidable rencontre entre les musiques du monde. S'il repasse par Paris, je crois bien que j'y retourne, pour un nouveau voyage musical, social, sensuel. Son dernier disque est excellent je trouve, je l'écoute en boucle depuis la sortie de ce concert à l'Olympia, souvenir d'une soirée entre amies...

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