Bashung_1

Mon humeur musicale du moment :
"When the lights go down"
Prince (1999)
  

lundi 9 avril 2012

Prévert et Doisneau


J’aime beaucoup les photos de Robert Doisneau et particulièrement celle-ci. Elle est remplie de tendresse et tellement drôle, je l’adore.
Et que l’oiseau posé sur la tête du petit garçon soit un pigeon, une colombe ou un oiseau lyre, peu importe, l'essentiel est ailleurs. Il accompagne ce petit garçon partout, même pendant la pause pipi et je suis sûre que ce qu’il lui raconte (ou plutôt lui roucoule à l''oreille) est léger comme une plume et merveilleux comme un songe…

                                                                                                                             Robert Doisneau, 1964
L’OISEAU LYRE
de Jacques Prévert

Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize…
Répétez ! dit le maître
Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize.
Mais voilà l’oiseau lyre
qui passe dans le ciel
l’enfant le voit
l’enfant l’entend
l’enfant l’appelle
Sauve-moi
joue avec moi
oiseau !
Alors l’oiseau descend
et joue avec l’enfant
Deux et deux quatre…
Répétez ! dit le maître
et l’enfant joue
l’oiseau joue avec lui…
Quatre et quatre huit
huit et huit font seize
et seize et seize qu’est-ce qu’ils font ?
Ils ne font rien seize et seize
et surtout pas trente-deux
de toute façon
ils s’en vont.
Et l’enfant a caché l’oiseau
dans son pupitre
et tous les enfants
entendent sa chanson
et tous les enfants
entendent la musique
et huit et huit à leur tour s’en vont
et quatre et quatre et deux et deux
à leur tour fichent le camp
et un et un ne font ni une ni deux
un à un s’en vont également.
Et l’oiseau lyre joue
et l’enfant chante
et le professeur crie :
Quand vous aurez fini de faire le pitre
Mais tous les autres enfants
écoutent la musique
et les murs de la classe
s’écroulent tranquillement
Et les vitres redeviennent sable
l’encre redevient eau
les pupitres redeviennent arbres
la craie redevient falaise
le porte-plume redevient oiseau.

                                            Jacques Prévert par Robert Doisneau, 1955


mardi 3 avril 2012

Une journée particulière



           "Bien sûr que l'amour est plus fort que la mort"
           Et les liens d'amitié sont immortels
           Je t’aimerai toujours Kho

ANIS "Dans tes yeux" (Rodéo Boulevard)


mercredi 21 mars 2012

C'est peut-être - Allain Leprest


                        Album Voce a mano - 1992
                              (Leprest / Galliano)                                               

C’est peut-être Mozart le gosse qui tambourine
Des deux poings sur l’bazar des batteries de cuisine
Jamais on le saura, l’autocar du collège
Passe pas par Opéra, râpé pour le solfège

C’est peut-être Colette la gamine penchée
Qui recompte en cachette le fruit de ses péchés
Jamais on le saura, elle aura avant l’heure
Un torchon dans les bras pour se torcher le cœur

C’est peut-être Grand Jacques le petit au rire bête
Qui pousse dans la flaque sa boîte d’allumettes
Jamais on le saura, on le fera maçon
Râpé Bora-Bora, un mur sur l’horizon

C’est peut-être Van Gogh le p’tit qui grave des ailes
Sur la porte des gogues avec son opinel
Jamais on le saura, râpé les tubes de bleu
Il fera ses choux gras dans l’épicerie d’ses vieux

C’est peut-être Cerdan le môme devant l’école
Qui recolle ses dents à coup de Limpidol
Jamais on le saura, KO pour ses vingt piges
Dans le ring de ses draps en serrant son vertige

C’est peut-être Jésus le gosse de la tour neuf
Qu’a volé au Prisu un gros œuf et un bœuf
On le saura jamais pauvre flocon de neige
Pour un bon Dieu qui naît, cent millions font cortège

             
                                        Illustration : Rébecca Dautremer

samedi 17 mars 2012

Michael Kiwanuka et Terry Callier


Tell me a tale…
Il y a quelques temps, mon oreille a été attirée par cette très belle chanson interprétée par Michael Kiwanuka qui m’était jusqu’alors totalement inconnu. J’avais juste lu quelque part qu’il avait fait les premières parties des concerts d’Adele et qu’il travaillait sur son premier album. Il vient d’ailleurs tout juste de sortir ce premier album qui s’appelle Home again et je me réjouis de le découvrir.



Michael Kiwanuka a 24 ans et on le compare souvent à Marvin Gaye ou à Otis Redding. 
Pas mal et normal que j'aie été attirée… 

Et bien moi, cette mélodie sur "Tell me a tale" me fait aussi penser à l’immense Terry Callier et c’est l’occasion toute trouvée pour déposer sur mes petites notes quelques morceaux de sa musique qui m’accompagnent depuis bien longtemps.


Tout d’abord la préférée de mes préférées, "Love theme from Spartacus". 
Terry Callier, dans un superbe album que je conseille fortement (Time Peace, 1998) nous offre une version magnifique de la musique du film Spartacus de Stanley Kubrick. 
Il y a eu une multitude de reprises de ce thème mais pour moi, cette version est la plus belle de toutes.

"Can it be ? 
Do you hear ?
A new freedom song is ringing
No more dark, no more fear
There's a new day that it's bringing
Something simple is the key
Only love will set us free
It's so far, it's so near
Almost close, almost here"

Un autre titre d’un album plus ancien, "Until Tomorrow" (album I just can’t help myself, 1974).

Et puis, évidemment, "Time Peace", toujours de circonstance…


Michael Kiwanuka est en tournée en ce moment, belle nouvelle et j’espère que Terry Callier reviendra prochainement par ici, parce que je l’avais loupé la dernière fois qu’il avait passé au Festival de Cully, mais cette fois, pour l’un comme pour l’autre, je serai au rendez-vous, c’est sûr…    



jeudi 1 mars 2012

Lucio Dalla, il cantautore


Il y a des morts d’artistes qui m'ébranlent plus que d’autres, je le dis simplement, sans tomber dans le pathos ni dans les longs discours remplis de larmes et de cris d’effroi, non, rien de tout ça. 
Il y a des morts d’artistes qui me touchent plus que d’autres et Lucio Dalla en fait partie.


Lucio Dalla est l'un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes italiens. Il nous raconte son pays, qui est celui de mes racines, à travers des tranches de vie de ses compatriotes et peut-être un peu les siennes aussi, avec poésie et profondeur, tout en y glissant parfois un message politique qui n'est pas pour me déplaire. 
Sa carrière débute dans les années '60 et son répertoire est immense. Il n'est pas seulement l'auteur de "Caruso" qu'il a écrit pour Pavarotti et que d'autres interpréteront, d'Andrea Bocelli en passant par Florent Pagny entre autres; avec plus de 600 titres à son actif, il a bercé plusieurs générations jusqu'à hier soir dans une salle de concert de Montreux...

Lucio Dalla, c’est toute ma jeunesse, mes années d’insouciance, c’est pour moi, l’Italie de la fin des années '70 et début '80, ces années où tout nous semblait possible, ces années où on avait encore l’illusion qu’on pouvait changer le monde.

Lucio Dalla, c’est aussi mes premières vacances ailleurs que dans la famille et sans papa-maman. Mes premières émotions à prendre le train de nuit jusqu'à Naples, Rome, Taormina ou Cefalù et le bateau pour Lipari ou Capri. Les fous rires, mes copines, ma soeur, mes amis là-bas, les retrouvailles, les au-revoirs sur le quai de gare et toutes ses chansons qu’on connaissait par cœur et qu’on chantait ensemble, sur la plage ou dans les ruelles de Capri.

Le cœur de Lucio Dalla a lâché ce matin, dans un hôtel au bord du lac Léman à Montreux, en pleine tournée européenne, il devait passer à Genève ce dimanche…
Son ami, Francesco De Gregori, autre grand cantautore italien que Lucio Dalla avait retrouvé sur scène en 2010, 30 ans après leur première tournée ensemble, a juste dit ces quelques mots à la presse : "C’est un moment de très grande tristesse et je n’ai pas le courage de parler avec qui que ce soit."
"Un chagrin poignant, muet" a retranscrit la journaliste du Temps dans son article.

Oui, il y a des morts d’artistes qui me touchent plus que d’autres, tout simplement parce qu’ils ont fait et font partie de ma vie en m'emmenant avec eux dans leurs rêves et parce qu'ils m'aident, à travers leurs chansons, à pouvoir continuer à espérer.
Alors, chut et respect...

Trois chansons parmi mes préférées del caro amico Dalla :
           
           






         A Vivi et Palmira…

mercredi 8 février 2012

Les bords du lac Léman gelés, épisode 2...


2ème épisode du périple de Dom.
Les jours se suivent, le froid polaire persiste et le paysage est à chaque fois un peu plus irréel.
Ça se passe de commentaire finalement parce que c'est juste sublime. Alors, on regarde avec les yeux qui brillent et on écoute la douce Amélie et puis moi, je me tais...

Et c'est encore mieux en plein écran et en modifiant la qualité de l'image sur la vidéo (720p HD)

Merci Dom.

samedi 4 février 2012

Les bords du lac Léman gelés


Lac Léman, vendredi 3 février 2012...

II a neigé sur Genève la semaine dernière et la température a tellement chuté depuis quelques jours que ma ville s’est transformée en patinoire géante… La bise souffle si fort qu’on pourrait presque s’envoler, sauf qu’on n’en a pas vraiment envie, il fait beaucoup trop froid. 
Tout est gelé et le lac Léman a revêtu lui aussi sa tenue d’hiver. Normal…

Cette température polaire me donne plutôt envie de me calfeutrer dans un cocon tout chaud mais d'autres bravent la tempête pour nous ramener des images de ce paysage irréel, les bords du lac Léman complètement gelés. 
Dom en fait partie, merci à lui.


Et puis, ces très belles images de Dom (juste quelques unes parmi tant d'autres) me donnent l’occasion d’écouter John Martyn, que j'ai découvert très récemment  (grâce à Dom, une fois de plus), alors que cet artiste a débuté sa carrière à la fin des années '60 et a une immense discographie sur laquelle je vais me pencher très sérieusement. 

Pour l'instant, j'ai entendu une sublime reprise de "Glory box" de Portishead (Give me a reason...) et l'un des titres les plus connus de lui apparemment,  "Solid Air" (1973). 


J'aime beaucoup sa voix. 
Il n'est jamais trop tard pour faire de belles découvertes, re-merci Dom !

Pour voir les photos en plus grand, cliquer sur l'une d'entre elles...

















 Coucher de soleil sur le Léman, samedi 4 février 2012...