Bashung_1

Mon humeur musicale du moment :
"When the lights go down"
Prince (1999)
  

dimanche 7 novembre 2010

Avec des ailes immenses



L’affiche est belle, le titre me plaît, j’aime qu'on me raconte des histoires d'anges, d'autant plus lorsque c'est inspiré d’une nouvelle de Gabriel Garcia Marquez… Le monde onirique à la rencontre du monde surréaliste de Garcia Marquez, ça promet un beau moment.


Dans ce spectacle se côtoient trois acteurs masqués et muets, des marionnettes et un conteur. C’est l’histoire d’une créature avec des ailes immenses, un ange sans aucun doute, qui atterrit on ne sait comment dans un petit village, il semble très âgé et fatigué. 
Il sera capturé et enfermé dans un poulailler et cette incroyable présence va chambouler et bouleverser la vie des villageois. Il réussira finalement à repartir au grand soulagement de tous.


Je n’ai pas tout saisi de l’histoire, mais peu importe, j’ai aimé cette atmosphère teintée de rêve et de surréalisme, où l’ange avec des ailes immenses n’est pas vraiment comme on l’imagine dans nos rêves, où les acteurs font naître des marionnettes de leurs costumes et accessoires comme par magieBeaucoup de poésie dans la gestuelle de ces marionnettes, dans les mouvements des acteurs, dans la musique qui accompagne le spectacle et dans le texte du narrateur. 
Voici un extrait, passage que j’aime beaucoup, qui termine le spectacle : 
"Alors Elisenda se pencha à la fenêtre et elle surprit l’ange dans ses premières tentatives de vol, elles étaient maladroites. Ses battements d’ailes indignes dérapaient sur la lumière et il ne trouvait pas de prises auxquelles s’agripper dans l’air.
Pourtant, il finit par prendre de l’altitude.
Elisenda poussa un soupir de soulagement, pour elle et pour lui, quand elle le vit passer au-dessus des dernières maisons.
Et elle continua de le voir jusqu’à ce qu’elle eut fini d’éplucher ses oignons.
Et elle le vit encore alors qu’il n’était plus possible de le voir parce qu’il n’était plus un embarras dans sa vie mais un point imaginaire sur l’horizon de la mer…"

Avec des ailes immenses
Un spectacle du Figuren Theater Tübingen

dimanche 31 octobre 2010

Giulietta Masina


Giulietta Masina fut une grande actrice, que l’on peut comparer un peu à un Buster Keaton au féminin. Elle a travaillé pour de très grands metteurs en scène italiens mais elle fut révélée par Federico Fellini qui la fit tourner dans "La Strada" en 1954, puis dans "Le notte di Cabiria", "Juliette des Esprits" et, plus tard, dans "Ginger et Fred".
Elle fut la bouleversante Gesolmina de "La Strada" que je ne peux pas oublier et elle fut la femme du "Maestro", Federico Fellini qu’elle épousa en 1943. Ils vécurent ensemble jusqu'à ce que la mort les sépare, en 1993. Quelques mois plus tard, elle partait elle aussi rejoindre Fellini au paradis des poètes.
Moi, je l’ai toujours adorée, et puis, au hasard de mes recherches musicales, j’ai découvert une chanson que Caetano Veloso lui a dédiée il y a quelques années déjà. 
La voici: "Giulietta Masina"

Pour le son, aller sur l'image et cliquer sur le haut-parleur barré

samedi 23 octobre 2010

Le voyage de mon nain de jardin



Je vais raconter l’étrange histoire de la disparition de mon nain de jardin et de ses voyages à travers le monde pendant 5 ans. Mais d’abord j’aimerais expliquer dans  quel contexte il est parti. 
Mon père est mort en 2002, la nuit du 2 au 3 avril, et cette nuit là a été sans conteste le moment le plus violent de ma vie, un moment si fort partagé avec ma mère, ma sœur, mon frère, mon beau-frère et ma petite nièce adorée, si petite mais si présente et importante. Pour la première fois de ma vie, j’ai vraiment su que la mort existait, je l’avais vue…
5 ans plus tard, en mai 2007, après avoir eu des problèmes de santé qui m’ont bien fait souffrir, un jour à l’hôpital, j’ai cru que j’allais mourir – pour la deuxième fois de ma vie, la mort me touchait à nouveau de tout près. Elle existe vraiment, je l’ai revue.

L’année de la disparition de mon père, mon nain de jardin installé depuis de nombreuses années sur mon balcon a aussi décidé de me quitter, mais cette fois-ci  c’était pas pour mourir, il partait voyager… 
Au mois d’août de cette année 2002, j’ai commencé à recevoir des photos et des mots de lui venant du monde entier. C’est ici qu’a commencé cette magnifique histoire. 
Pendant ces 5 années de voyage, je n’ai jamais su qui était venu voler mon nain sur mon balcon, j’ai mené des enquêtes auprès de mes proches, mes amis, mes collègues. Evidemment, personne ne savait rien, secret bien gardé. J'avais des doutes, des soupçons, mais je laissais un peu tout ça dans le flou, j'aimais bien ce mystère.
En tout cas, la personne qui avait fait ce geste ne pouvait pas imaginer à l’époque quelle importance allait prendre chacune des lettres reçues. C’était chaque fois un petit bonheur qui arrivait par la poste et que je faisais partager à mon entourage, à mes amis et à mes collègues. 
Tout le monde a adoré cette histoire et attendait la suite avec impatience, même que lorsque j'ai quitté mon ancien boulot en 2003, mes collègues m'ont offert chacun(e) un nain de jardin... AU SECOURS, j'ai une famille de nains à la maison, une quinzaine au moins, que j'ai mis dans ma cuisine en haut d'une armoire... 
Bien sûr, j’ai pensé à l’époque que cette histoire avait sûrement été inspirée par Amélie Poulain, film que j’ai adoré, mais je la trouvais encore plus belle et plus magique parce qu’elle m’arrivait réellement…
Je dois encore préciser que mon nain m’est revenu 5 ans après, juste après mes problèmes de santé, ce n’est pas un hasard… Quelqu’un lui a peut-être dit qu’il fallait qu’il rentre, que j’avais besoin de lui et il est revenu.
Maintenant peut-être qu’il ne peut plus rien m’arriver…

J’ai appris bien plus tard, lors d’un 31 décembre à la montagne, qui avait organisé ce complot et le travail de titan que ça a été pour planifier et organiser les voyages de mon nain qui voulait découvrir le monde… Je ne dévoilerai rien de plus mais l’histoire est belle et peut-être qu’un jour, cet ami anglais vivant à Zoug aura envie de raconter comment il a volé mon nain (une année avant la sortie du film d’Amélie) et comment il a réussi à le faire voyager pendant 5 ans.
Je le remercie infiniment ainsi que tous ses complices, car je sais maintenant qu’il y en a eu beaucoup et qu’ils ont bien dû rire à transporter chaque fois mon nain dans leurs bagages, sans oublier tous ces inconnus qui ont posé sur les photos avec mon nain, des petits gestes d’amour des quatre coins de la planète. Et puis merci à David, ce petit garçon qui me l’avait offert bien des années auparavant simplement parce que j’avais dit que les nains de jardin me faisaient rire. 
Vous m'avez fait rêver et avez fait rêver les gens autour de moi aussi, je trouve ça magnifique...

Voici donc le voyage de mon nain de jardin 

Pour le son, aller sur l'image et cliquer sur le haut-parleur barré



dimanche 17 octobre 2010

Abraham - de et avec Michel Jonasz


"Aucune vie n'est plus importante qu'une autre"


Abraham est juif, né en Pologne, le pays "le plus triste de la terre" comme il dit, pays qu'il quittera dans sa jeunesse pour la Hongrie. 
Là, il va rencontrer Rose, sa "Roselé", l'amour de sa vie, qui lui donnera 7 enfants. Ils vivront heureux ensemble, dans ce village hongrois, dans cette épicerie où l'on peut trouver de tout... Et puis, il y aura aussi le meilleur ami d'Abraham, Jankel, personnage lunaire, un peu naïf et si attachant, qu'il retrouve tous les soirs sur ce banc en bois pour refaire le monde en yiddish sur fond de musique tzigane. 
Et l'année 1938 arrive, les juifs ne sont plus les bienvenus nulle part, les juifs doivent fuir... Abraham et Roselé doivent retourner en Pologne et se séparer de leurs enfants qu'ils enverront se réfugier en France. 
Dans cette famille, seules deux personnes seront rescapées de ce génocide, deux des enfants d'Abraham et de Roselé, deux soeurs échapperont aux camps de la mort. Et puis, l'une d'entre elles mettra au monde quelques années plus tard un petit garçon. 
Ce petit garçon s'appelle Michel Jonasz. Abraham était son grand-père, un grand-père qu'il n'a jamais connu mais à qui il a voulu rendre hommage et, à travers lui et son histoire, rendre hommage à tout ce peuple juif qui par l'effroyable connerie humaine, a été exterminé dans des camps comme Auschwitz et autres.


La pièce est écrite et jouée par Michel Jonasz de façon magistrale, le décor et les lumières sont sobres, un banc où se retrouvent les deux amis pour parler, un faisceau de lumière jaune. L'horreur du camp de concentration est suggérée, en fond sonore, des bottes qui marchent, la peur, des mots en allemand, des chiens qui aboient, des détonations... "ils veulent que je me déshabille pour aller aux douches, mais je sais que ce n'est pas vrai...".

Michel Jonasz a choisi de nous raconter la vie d'Abraham, la vie de sa famille, de ses racines et de ce peuple juif, lorsqu'ils étaient heureux et ensemble... Alternant les souvenirs et le présent de 1938, alternant le rire et les larmes..., parlant en yiddish par moments, chantant sur fond de musique tzigane.
L'émotion est intense, nous connaissons tous la fin de cette histoire, mais le rire est très présent, surtout lorsqu'il nous raconte ses discussions avec Jankel (chaque fois que Jonasz/Abraham prononce "haaa yankeeuull", je craque, c'est délicieux et inoubliable...).


"Je n'ai rien oublié" nous dit Abraham en nous racontant sa vie. 
"Aucune vie n'est plus importante qu'une autre" nous dit Michel Jonasz, "chaque vie est sacrée".
Je ne vous oublierai pas, Abraham, ni vous, ni tous les vôtres, ni votre Roselé et votre ami Jankel...


Et vous, cher Michel Jonasz, votre âme tzigane est très belle et j'espère que vous continuerez à nous émouvoir encore longtemps. J'aime quand les larmes se mélangent aux rires, j'ai comme l'impression d'avoir partagé votre histoire comme vous auriez pu partager la mienne. Et puis, si vous repassez par ici, je reviendrai vous voir pour que vous me racontiez à nouveau l'histoire d'Abraham et pour la partager avec d'autres, pour ne pas qu'on oublie...






dimanche 3 octobre 2010

Mon voyage au Rajasthan



C'était il y a un peu moins d'un an, je préparais avec une certaine excitation mon voyage au Rajasthan. Ce voyage n'était pas tout à fait comme les autres et il arrivait comme un cadeau bienvenu dans cette année 2009 très "spéciale" pour moi. 
Le 7 novembre, je décollais de Genève et arrivais à Delhi tard dans la nuit... La traversée de Delhi pour arriver à l'hôtel fut mon premier "choc" avec l'Inde. A Delhi, de nuit comme de jour, une brume épaisse envahit cette immense ville, la nuit est silencieuse, à certains endroits, les gens dorment sur les trottoirs dans des cartons, sous tente ou à même le sol... Le jour, les rues sont noires de monde, les cyclo-pousses et les mobylettes zigzaguent autour des voitures, des camions et des éléphants. Les vaches sacrées traversent nonchalamment les grands axes provoquant un embouteillage, mais elles sont prioritaires... 
Je n'ai pas encore réussi à écrire ce voyage, tout est dans ma tête et dans mon petit bloc-notes, peut-être qu'un jour j'y arriverai. Pour l'instant, voici quelques images qui parlent d'elles-mêmes et qui racontent les différents endroits que j'ai traversé dans cette région magnifique qu'est le Rajasthan.  L'Inde est un pays magique et fascinant et j'ai croisé des gens éblouissants. La beauté n'est pas qu'à l'extérieur chez ces gens là, elle est en eux, dans leur regard et dans leur façon d'être, tout simplement. 
Je retournerai en Inde, peut-être au Rajasthan ou dans le Sud, je ne sais pas encore, mais j'y reviendrai...





mercredi 29 septembre 2010

Neil Hannon solo



C’était il y a quelques jours à l’Alhambra de Genève, Neil Hannon a laissé pour un temps ses musiciens of The Divine Comedy et s’offre une tournée solo, avec juste son piano, sa guitare et sa voix. Il est tout de même accompagné par son chapeau, sa serviette et son verre de bon vin rouge ! 

Un humour et un look très british, air coquin, très bon musicien et voix superbe, il nous a fait rire et avait l’air de bien s’amuser lui aussi…

Voici deux petites vidéos prises par mon voisin (Dom) pendant cette soirée, il me semble d’ailleurs entendre par moments certains rires qui me sont connus… "Becoming More Like Alfie" et une reprise des Human League "Don't You Want Me"




Et puis Neil Hannon à l’humour si british sait aussi nous balader dans des textes poétiques et émouvants. Dans le dernier album, "Bang goes the Knighthood", j’ai un coup de cœur pour ce morceau, "When a man cries", le voici :





mardi 28 septembre 2010

Bashung - l'hommage des helvètes underground à Nyon le 25 septembre


Un samedi soir sur terre, à l’Usine à gaz de Nyon
C'est dans cette petite salle chaleureuse, pas très loin du bord du lac que dans quelques instants, la deuxième soirée hommage à Bashung des helvètes underground va commencer. Je suis aussi fébrile que vendredi dernier à Lausanne. Les musiciens sont les mêmes, les artistes sont presque tous présents (manquent malheureusement Jean Fauque et Rodolphe Burger).
Ce qui change ce soir, c’est qu’on est debout, dans les conditions d’un vrai concert, sans discours entre les morceaux. On est tout devant, à quelques centimètres du pied du micro, j’ai même posé mon k-way et mon sac sur un petit coin de la scène, mon appareil photo au cas où…, je suis prête… aux premières loges pour tout recevoir en plein cœur, quel bonheur…

21h15, les musiciens arrivent et tout va s’enchaîner comme dans un rêve.
La set list est exactement la même que celle de vendredi dernier, si ce n’est que c’est Thierry Romanens qui reprendra de façon très poignante "Samuel Hall". "Mes bras" sera interprétée par Franco Casagrande, tâche ô combien difficile mais il s’en sortira plutôt bien, les frissons sont là et "La nuit je mens" par Olivia Pedroli.
Franz Treichler (des Young gods), Pascal Auberson, Boris Bergman, Polar et Oy enchaînent leurs reprises, tous de façon très personnelle et habitée… L’émotion est palpable sur la scène comme dans le public. Le duo sur "Volontaire" de F. Treichler et P. Auberson est toujours aussi bouleversant, Oy toujours aussi magnifique. Gérard Suter viendra accompagner Boris Bergman à la guitare. Et pour le final, ils reviendront tous sur scène pour interpréter ensemble "Helvète underground", évidemment...
Et puis, le concert se termine déjà, je n’ai pas vu le temps passer, moment suspendu, j’ai pas envie que ça s’arrête… Vous pourriez pas recommencer encore juste une fois, s’il vous plaît ?

Plus tard, sur le quai de la gare de Nyon, on attend le train du retour, Franz Treichler et ses amies aussi… "Bonsoir", sourire, pas osé lui dire… rien… Et puis on arrive à Genève, alors on se dit juste "au revoir, bonne nuit" avec un geste de la main et notre cœur qui crie merci à l’intérieur de nous… Pas besoin de mots finalement, ni de longs discours, on avait tous bien compris qu’on avait partagé cette même aventure et qu’on n’était pas prêts de l’oublier. L’âme de Bashung planait et planera encore longtemps au-dessus de nos têtes.


Merci à tous ces magnifiques artistes, aux musiciens, à Mobile in Motion et à ceux qui ont eu l’idée de cet hommage des helvètes underground dont je suis très fière, vraiment. 











Les photos ont été prises par Kho, l'amie qui est toujours là, 
au bon moment, au bon endroit... Merci !